« Madragues » – 19-30 mai 2026 : JUDIBALVAL et Lorène Roustin

Madrague, subst. fém.
PÊCHE. [En Méditerranée] Piège fixe pour capturer les bancs de poissons. Aussi désigné comme le « lieu, endroit où l’on frappe ».

Madragues nous invite à nous perdre dans les éléments, l’eau, le vent et l’humus, pour mieux nous ressaisir à travers une réflexion sur le vivant, tel un soufflet qui ranime, provoque et inspire. Prenant pour point d’ancrage les axes de la résurgence et de la résilience, avec l’envie de plonger notre regard dans la matérialité des choses comme des pieds dans une flaque, quitte à éclabousser, salir et troubler. L’esprit frappeur se retrouve parfois dans de « tous petits riens »

Les deux artistes ont chacune développé leurs pratiques avant de se rencontrer au BBB centre d’art (Toulouse).
JUDIBALVAL, issue du cinéma documentaire, questionne la société actuelle, en explorant ses failles, le déracinement, les espoirs de réparation.
Lorène Roustin, diplômée de l’École Supérieure d’Art et Design de Tarbes, explore des territoires, les sonde, les observe et développe des approches de mise en relation entre les humains et les non-humains.

Une quinzaine d’œuvres existantes et rassemblées s’articulent autour de plusieurs axes transversaux : apparition / réparation, testimonial/mémorial, transformation / transmission.

Certaines pièces s’inspirent des travaux scientifiques de Claude Grison et de son laboratoire CNRS ChimEco sur les plantes invasives et les écosystèmes aquatiques.

Cette porosité art & Science est mise à l’œuvre à travers cette résidence qui s’inscrit dans le projet « GLOBAL MADRAGUES » lauréat de l’appel à projet « Soutien à la recherche et à la création » MIRANDA de l’Université Paul Valéry de Montpellier. En partenariat notamment avec le FRAC Occitanie et le réseau Air de Midi.

Résidence artistique au lieu multiple montpellier du 18 au 30 mai 2026
. Lancement et performance participative mardi 19 mai de 18 à 21 h

La performance participative 𝘒𝘐𝘚𝘚𝘖𝘜𝘚 invite le public à formuler des vœux intimes pour le monde, laissant apparaître leurs traces sur du linge à travers des empreintes de rouge à lèvres.
En vis à vis, les pièces 𝘚𝘌 𝘉𝘈𝘐𝘎𝘕𝘌𝘙 𝘋𝘈𝘕𝘚 𝘓𝘌𝘚 𝘚𝘖𝘕𝘎𝘌𝘚 et 𝘐𝘕𝘚𝘐𝘎𝘕𝘐𝘍𝘐𝘈𝘕𝘛𝘚 de Lorène Roustin convoquent la présence d’éléments végétaux, infimes, abîmés, en cours de soin à travers une sculpture et une vidéo.


. Exposition sortie de résidence vendredi 29 mai de 18 à 21 h


. Atelier de pratique ouvert à tous sur réservation* samedi 30 mai de 15h à 17h

Dans cet atelier créatif où collecte et art se rencontrent. Partez à la recherche d’éléments naturels – feuilles, écorces, fleurs – pour capturer leurs textures en les imprimant dans l’argile. Une fois les empreintes réalisées, transformez-les en tirages en plâtre, créant ainsi des œuvres en relief qui immortalisent les détails de la flore d’un lieu.
* auprès de judibalval@gmail.com

Voir les autres évènements du projet « Global Madragues » sur l’agenda en ligne

Expo « Gloria mundi » : Thibault Franc, Matthieu Malvoisin, Thilleli Rahmoun – 12 mars-4 avril 2026

Le lieu multiple montpellier invite pour son exposition de printemps trois artistes dont les travaux, riches d’une palette chromatique généreuse, résonnent par un grand sens de la composition … et portent un regard décalé sur le monde tangible qui nous entoure.

Avec ironie face aux problèmes planétaires d’aujourd’hui, Thibault Franc fait surgir les étincelles du fantasque et du trivial accouplés, du populaire et du savant. Empruntant aux registres de l’histoire de l’art comme à ceux de l’ésotérisme ou de la science-fiction, il nous restitue une culture ensauvagée, à la fois plus drôle et plus inquiétante. Entre sophistication et proximité de la nature, ces (re)compositions riches en couleurs jouent toujours sur (au moins) deux tableaux, pour donner un sens nouveau aux amalgames.

Le travail artistique de Matthieu Malvoisin rejoint ses préoccupations à l’ère de l’anthropocène et de ses dérives. Environnement, politique, questionnements existentiels et philosophiques : autant de sujets qui parcourent et infusent ses œuvres, pourtant remplies d’une énergie pop et colorée. Véritable expression d’un syncrétisme allant de l’art rupestre au graff, son langage pictographique allie traits, signes et figures dans des compositions finement ciselées pour retranscrire l’émotion juste…

Thilleli Rahmoun est une artiste libre, sans frontières. Ses dessins-collages aux techniques mixtes et aux formats parfois XXL incarnent une beauté surréaliste, sensuelle et incongrue. Les situations représentées, composées d’objets (souvent liés à la force et au contrôle sociétal), d’éléments de paysage urbain, d’animaux et de végétaux, subliment et dénoncent à la fois notre monde actuel. Avec « tous ces trucs qui font que c’est difficile de se poser », l’existence est fragile, mais au diable la peur de tomber…

Vernissage le jeudi 12 mars 2026
à partir de 17h

Exposition du 13 mars au 4 avril 2025
les vendredis et samedis de 15h à 18h30 et sur RV

Salon du dessin contemporain «Drawing draw#9» – 4 septembre – 4 octobre 2025 : Tamina Beausoleil, Maria Clark et Mona Laure Millet

Le lieu multiple montpellier et la N5 Galerie font leur rentrée à l’unisson avec la neuvième édition du salon du dessin contemporain Drawing draw, qui propose des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses. Cette année nous vous proposons de découvrir les travaux de Tamina Beausoleil, Joëlle Bondil, Maria Clark, Bruno Mercet, Mona Laure Millet et Vincent Puren.


Ouverture le jeudi 4 septembre 2025 dès 17h au lieu multiple montpellier
Ouverture le vendredi 5 septembre 2025 dès 17h à la N5 Galerie
Expositions du 5 septembre au 4 octobre 2025

Au lieu multiple montpellier, découvrons le travail de Tamina Beausoleil, Maria Clark et Mona Laure Millet.

Inspirée par les planches anatomiques de chevaux de Carlo Ruini (médecin et juriste italien du XVIe siècle), Tamina Beausoleil développe un travail de représentation de chimères mi-humaines-mi animales, dégagées de la hiérarchisation du vivant. Le jeu formel des lignes et des couleurs peut être également relevé par des collages pour donner un effet de scalpel. Souvent traitées comme des dessins scientifiques avec légendes, ses œuvres témoignent aussi du jeu de l’artiste à scruter et disséquer les failles animales de ses contemporains, notamment par le lien entre animaux représentés et métaphores du langage courant pour juger, rabaisser, injurier (requin, blaireau, hyène, crapaud, chien.ne, grue, vipère, …).

Les dessins de Maria Clark représentent l’organique, l’envers de la peau, l’intimité. Admiratrice de l’œuvre de Fred Deux, l’artiste développe son propre univers avec une palette de couleurs autour du gris, de la chair et du rouge sang, sur des papiers également choisis pour participer pleinement au résultat. Corps hybridés, métamorphoses, disproportions, fluides organiques, limites incertaines, recouvrements et transparences, animalité, … Les compositions obtenues après un travail sur le vide et le plein, le visible et l’invisible, semblent suspendues, en lévitation, traduisant la relation (hyper)sensible et sensuelle de l’artiste au vivant, à l’altérité, à l’environnement.

Mona Laure Millet nourrit dans son travail le processus de fragilité. En utilisant selon les séries différents pigments, encres soufflées ou au trait, bulles de savon, film plastique ultrafin, plans d’architecture navale sur calques, l’artiste multiplie avec minutie et délicatesse les recherches « inter-matière ». Qu’il soit réaliste, organisé en méandres (courbes topographiques) ou hasardeux en lien avec le souffle vital, le dessin obtenu cultive le paradoxe de fixer l’éphémère, le ténu. En liant le geste et la respiration, deux mécanismes fondamentaux mis ici au même plan, Mona Laure Millet crée un espace à la fois aléatoire et décisif pour proposer un imaginaire riche et puissant.

Et à la N5 Galerie vous pourrez découvrir le travail de Joëlle Bondil, Bruno Mercet et Vincent Puren

Salon du dessin contemporain DRAWING DRAW #9
Tamina Beausoleil, Joëlle Bondil, Maria Clark, Bruno Mercet, Mona Laure Millet et Vincent Puren

– Au lieu multiple montpellier :
Vernissage le jeudi 4 septembre dès 17h en présence des artistes
Exposition du 5 septembre au 4 octobre 2025 les vendredis et samedis de 15h à 18h30 et sur RV
– À la N5 Galerie :
Vernissage le vendredi 5 septembre dès 17h en présence des artistes
Exposition du 6 septembre au 4 octobre 2025 du mercredi au samedi, de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Partenaire du salon, la Maison pour tous Frédéric Chopin proposera en ses murs une exposition d’œuvres de chacun des six artistes, ainsi qu’un workshop participatif avec l’artiste invitée Thilleli Rahmoun le 17 octobre

Expo pop-up sortie de résidence : « Mirages » – 12-13 juin 2025 : Florie Adda

Suivre les lignes, prendre la trame pour un voyage aux paysages fragmentés. Crayons aiguisés position baissée sur la feuille de kraft. Le geste répétitif la tête à moitié en état d’ébriété à force, les couleurs qui se chevauchent comme des rêves ni vraiment commencés ni terminés. Avec du recul ça prend sens un peu, les plans se superposent en une réalité, en tout cas des formes tracées, montagnes, collines, rochers. Il en résulte une série colorée sur fond marron abîmé…

Exposition pop-up sortie de résidence
jeudi 12 juin
de 17h à 20h
et vendredi 13 juin 2025
de 15h à 18h30 en présence de l’artiste

Expo « Portraits/Figures » – 20 mars-12 avril 2025 : Céline Achour, Alex Allegri, Coline Casse, Claudie Dadu, Guiome David, Yann Dumoget, François Paris

Le lieu multiple montpellier invite sept artistes à présenter une palette variée, tant sur les formes que les angles d’approche, sur le thème de la figure humaine et du portrait, sujet majeur dans l’histoire de l’art …

L’univers de Céline Achour, à la limite du surréalisme, ou plutôt du réalisme magique, emprunte à un esthétisme des années 50/60 et aux décors de l’ouest américain. Ses nouveaux travaux plongent dans les années 80, celles de son adolescence et de son entrée dans l’âge adulte, avec des références personnelles plus présentes. Toutefois, ses thèmes de prédilection restent les mêmes et témoignent de ses préoccupations personnelles et existentielles, qu’il s’agisse de relations humaines, d’amours contrariées, de l’impact de la société et des évolutions technologiques sur notre vie et notre liberté.

La démarche plastique d’Alex Allegri regroupe une pratique de la photographie (N&B), du dessin, du ready-made et de l’installation.
Dans un rituel quotidien, il fige, collectionne et agence les éléments qui l’entourent. Cette capture perpétuelle du réel se développe autour des thèmes people / places / objects … avec une préférence pour le portrait. L’artiste propose ici une composition évoquant un lancer de dé, comme une métaphore à libre interprétation !

Coline Casse propose pour sa part avec « Remember us » une installation d’un ensemble de monotypes, présentés chacun sous un voile opaque, à soulever par le regardeur qui se doit d’être acteur dans ce geste de mémoire. Ils représentent des portraits d’enfants palestiniens récemment tués par l’armée israélienne. Plutôt qu’au rouleur « compresseur » d’une presse, l’artiste a eu recours à la simple pression de la main pour faire réapparaître ces visages dans ces monotypes, ce geste doux veut à la fois rappeler la mémoire de ces jeunes personnes tout comme il rappelle le manque de moyens élémentaires – de linceuls notamment – pour leur dire adieu dignement.

Quelques cheveux sous le verre, Claudie Dadu recycle ces éléments résiduels, issus de son crâne, en traits de dessins. Une économie de moyens extrême pour une vivacité graphique et l’éloge de la fragilité de la vie. Ces lignes en cheveux, qui semblent en suspension, font et incarnent l’extase d’une connexion avec le vivant, en sublimant ce « presque rien ». Depuis plus de 20 ans, l’artiste poursuit notamment une série de portraits d’artistes en relation avec l’admiration qu’elle leur porte. Extraits de sa collection et en hommage à leurs disparitions récentes sont exposés ici les portraits de Ben, d’Yves Helbert et de Daniel Spoerri.

Guiome David, artiste singulier, provocateur et ludique, propose des œuvres où le savoir peindre académique le dispute à une dérision iconoclaste. Dans la série « The next », l’artiste « remonte » l’histoire de la peinture pour singer la représentation des portraits de famille « façon clair-obscur » … et plus précisément ses propres enfants ! Entre la grande brocante et l’avenir qui affleure, voici donc le portrait d’une jeunesse d’aujourd’hui, vêtue de sweats à capuche, qui comme une seconde naissance, sort de l’enfance attirée par la lumière et pointant au monde le bout de son nez…

Fruit d’une résidence effectuée au lieu multiple montpellier l’été 2024, Yann Dumoget propose une série de céramiques intitulée « Gueules cassées », qui ne sont rien d’autre que des moulages « autoportraits » de son visage, qu’il a ensuite détruits et reconstitués à la façon de la technique japonaise du kintsugi (à la feuille d’or). L’artiste rend ainsi hommage, au-delà de ce procédé traditionnel, aux techniques de prothèses faciales, développées lors de la première guerre mondiale pour rendre une certaine dignité à ces gueules cassées … et fait l’analogie de cet « art » de la reconstruction avec la capacité de l’art à « recoller les morceaux » d’une société exposée aux souffrances et aux violences.

Les dessins de François Paris semblent naître d’un désir d’histoires. Créés à partir de photographies circulant sur l’internet ou spécialement réalisées, ils évoquent souvent le corps ou la mécanique, le visage ou le crâne humain… et renvoient à la fugacité et à l’apparence. Constituant le point de départ d’un récit elliptique à inventer, ses œuvres sont donc des scénarios ouverts, des séquences qui empruntent autant au cinéma qu’à la photographie : les points de vue, les cadrages, les personnages, les indices, mais aussi et surtout, cette capacité à mettre en place des éléments capables d’ouvrir la voie à l’imaginaire (d’après un texte de Guillaume Mansart)

Vernissage le jeudi 20 mars 2025
à partir de 17h, en présence des artistes

Exposition du 21 mars au 12 avril 2025
les vendredis et samedis de 15h à 18h30 et sur RV

voir le dossier de presse complet « Portraits/Figures » par Kcenia Naoumenko

Expo «ANIMALENFANT dans le champ des créations contemporaines » – 6-14 février 2025 : Thibault Franc, Léa Habourdin, Magali Lambert, Vincent Lecomte, Jules Le Maut, Marion Le Torrivellec, Tina Merandon, Quentin Montagne, Françoise Pétrovitch, Karine Pinel, Florian Poulin, Manon Riet & Thomas Portier, Rika Tanaka, Tom Tirabosco

Exposition organisée en partenariat avec l’université Paul-Valéry Montpellier 3, le laboratoire de recherche RIRRA21 (Représenter, inventer la réalité du romantisme au XXIe s.) et le CCU (Centre culturel universitaire) de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, dans le cadre de la journée d’étude « ANIMALENFANT », jeudi 6 février 2025 de 9 h 00 à 18 h00 (Université Paul-Valéry Montpellier 3, site Saint-Charles).

L’exposition ANIMALENFANT, présentée au Lieu Multiple Montpellier, propose une sélection de travaux d’artistes autour de toutes les formes de rapprochement de l’animal et de l’enfant.
Thibault Franc, Léa Habourdin, Magali Lambert, Vincent Lecomte, Jules Le Maut, Marion Le Torrivellec, Tina Merandon, Quentin Montagne, Françoise Pétrovitch, Karine Pinel, Florian Poulin, Manon Riet & Thomas Portier, Rika Tanaka et Tom Tirabosco, à travers des médiums tels que le dessin, la gravure, la peinture, la photographie, la bande dessinée, la sculpture et l’installation sonore offrent chacun un regard très personnel sur une relation contrastée, qui oscille entre l’interaction, la fusion et le partage de statut.
De fait, l’iconographie et le langage courant, mais aussi la littérature, le spectacle vivant, le cinéma ou les expressions plastiques, associent couramment l’animal et l’enfant. Les arts aujourd’hui notamment forgent et revisitent les imaginaires croisés et parfois confondus de l’enfance et de l’« animalité », jouant sur cette double altérité qui peut prendre la forme d’une communauté.
Que révèle cette très ou trop grande proximité ? Que signifie le fait de la cultiver dans les représentations ? Objets d’attendrissement, supports de projection affective, animaux et enfants n’ont-ils qu’une existence d’icône singulièrement univoque ? Et, de manière corollaire, comme les animaux, les enfants ne peuvent-ils faire figure de vivantes présences ? Dans ce cas, comment rendre sensible cette expérience du vécu, celui de l’enfant face à l’animal, mais aussi de l’animal face à l’enfant ?
L’association et le rapport entre enfant et animal ne renvoient-ils pas également à un imaginaire riche et varié, aux expressions protéiformes, dans lequel enfants mais aussi animaux ont la parole et/ou leur langage respectif font l’objet d’une compréhension réciproque et témoignent d’autres modes de vivre ?
Enfin, ces rapprochements n’ont-ils pas aussi pour but de (ré)inscrire l’humain dans le vivant, de (re)mettre au jour la possibilité d’un statut partagé et de revendiquer une proximité avec la nature ?
L’univers apparemment enfantin retrouvé par les plasticiens Thibault Franc et Vincent Lecomte, qui jouent de l’assemblage et de la confrontation au sein de dessins et d’installations semble viser à troubler toute certitude, et toute tentation d’un regard définitif, dans un jeu sérieux et mélancolique où les portraits de l’animalité et de l’enfance partagent un monde à part. La série photographique de Tina Merandon, en mettant en scène des enfants posant avec leur animal favori, montre des couples « animauxenfantins » dans lesquels les liens, vifs, entre les deux parties, sont révélés dans l’ampleur de leur tendresse et de leur possible cruauté. Les planches de Tom Tirabosco ravivent de façon contemporaines les mythes d’une enfance confrontée à ses démons, et en probable révolte contre ces figures de la hantise, ce monde adulte de plus en plus inquiétant.
À travers les témoins d’un court-métrage Le Labyrinthe du betta (2023), Manon Riet et Thomas Portier convoquent le jeu du déguisement où l’animal n’est plus seulement objet de fascination mais une figure dont, enfant, on se pare et s’empare. Le jeu est également central, mais davantage par la figure du jouet, chez Quentin Montagne et Florian Poulin. L’animal témoigne alors d’une certaine nostalgie pour leur enfance du siècle passé, nostalgie dans laquelle s’inscrivent sans doute les dessins sur vieux carnets d’école de Rika Tanaka ou certaines de recherches de Karine Pinel. Tout comme les eaux fortes et sculptures de Jules Le Maut, les gravures de Magali Lambert, tracées d’un geste faussement maladroit et corrigeant des gueules animales, reposent quant à elles la question de l’enfance de l’art : une forme de spontanéité, d’impulsivité créatrice.
ANIMALENFANT est une exposition originale, tant par sa thématique que par l’éventail de propositions présentées, en nous invitant à envisager ce qui, au sein même des représentations, allie les figures de l’animal et de l’enfant, formant des mondes qui se confondent et se confrontent. ANIMALENFANT met d’abord en jeu la question du regard porté dans et par notre société sur des mondes singuliers, des places, des assignations, et donne à voir ce qu’en fait la création contemporaine.

Commissariat de l’exposition : Ariane Carmignac (MCF en Arts plastiques, Univ. Paul Valéry, Montpellier), Quentin Montagne (plasticien, MCF en Arts plastiques, Univ. Paul Valéry, Montpellier) et Vincent Lecomte (plasticien, Docteur en Esthétique et sciences de l’art, Univ. Jean-Monnet, St-Étienne)

Vernissage le jeudi 6 février à 18 h 30
Exposition du 7 au 14 février de 15h à 19h
Table-ronde le vendredi 14 février à 10h
, avec Ariane Carmignac (MCF en Arts plastiques, UPV), Thibault Franc (Plasticien, écrivain), Magali Lambert (Photographe, plasticienne), Vincent Lecomte (Plasticien, compositeur, chercheur), Florian Poulin (Plasticien), Anne Simon (Directrice de recherche CNRS/École normale supérieure-Paris Sciences et Lettres)

Expo-pop up sortie de résidence : « Le récit des grottes modernes » (chapitre II) – 24-25 janvier 2025 : Elissar Kanso

La démarche artistique d’Elissar Kanso est profondément liée à la mémoire, à la guerre et aux rituels (religieux) dans un contexte constamment déplacé dans un entre deux, un pays d’origine, le Liban et un pays d’accueil, la France. Son travail construit ainsi un discours multiforme (dessin, peinture, performances, installations, écriture) dans l’espace et le temps entre deux pôles culturellement et politiquement différents.

Dans le cadre de sa résidence au Lieu multiple montpellier, l’artiste a poursuivi la recherche sur les usages de la lumière noire (ultraviolette), expérimentée lors d’une première résidence autour de l’art pariétal (geste premier de l’humain) dans les grottes préhistoriques de Cantabrie. Baptisé Le Récit des grottes modernes, ce premier chapitre a ainsi « mis en lumière » la représentation de « structures de réminiscences » en plans stratifiés, en référence à des lieux soumis à des cycles construction/destruction/reconstruction.

Cette recherche sur la lumière noire s’inscrit également dans la réflexion de l’artiste autour de l’usage du rose fluo (liée à sa contribution à l’Encyclopédie Numérique des Couleurs). Inventée au milieu du XXe siècle, couleur phare des années 80, elle a la propriété d’absorber l’ultraviolet (pour réémettre sous forme de lumière visible). Tout en étant une couleur de séduction, son rôle dans son œuvre, comme matière performante, consiste à révéler et dévoiler, entre beauté et réalité oppressante, une certaine violence de la société (codes de l’hyper consommation, surexploitation des ressources, destructions massives, conflits armés, …).

Exposition pop-up sortie de résidence
vendredi 24 janvier 2025 de 17h à 20 h
+ samedi 25 janvier 2025 de 14h à 18h en présence de l’artiste

Expo-pop up sortie de résidence : « Contre-cartographie éclairée » – 5-6 décembre 2024 : Thilleli Rahmoun

Thilleli Rahmoun est une artiste libre, sans frontières. Ses dessins-collages aux techniques mixtes et aux formats parfois XXL incarnent une beauté surréaliste, sensuelle et incongrue. Les situations représentées, composées d’objets (souvent liés à la force et au contrôle sociétal), d’éléments de paysage urbain, d’animaux et de végétaux, subliment et dénoncent à la fois notre monde actuel.
Développé grâce à la dotation de recherche de l’ADAGP pendant sa résidence au lieu multiple montpellier cet automne, le projet « Contre cartographie éclairée » utilise des supports translucides et transparents particulièrement bien adaptés pour mettre en valeur un rendu par strates et pour nuancer volontairement leur visibilité.
L’artiste exploite différentes possibilités de matériaux qui offrent de nouvelles profondeurs (encres, tracés acryliques, transferts photographiques, rétro-projection…). Par ces procédés, les pièces du projet constituent une contre-cartographie labyrinthique et subjective…

Exposition pop-up sortie de résidence
jeudi 5 et vendredi 6 décembre 2024 de 17h à 20 h

(avec également le soutien technique de l’Université de Montpellier)


Salon du dessin contemporain «Drawing draw#8» – 5 septembre – 5 octobre 2024 : Chrystèle Gonçalves, Susanna Lehtinen et Jean-Marc Urquidi

Le lieu multiple montpellier et la N5 Galerie font leur rentrée à l’unisson avec la huitième édition du salon du dessin contemporain Drawing draw, qui propose des regards croisés d’artistes autour de la pratique du dessin, sous des formes diverses. Cette année nous vous proposons de découvrir les travaux de Chrystèle Gonçalves, Susanna Lehtinen, Dominique Lonchampt, Michèle Mascherpa, Pierre Touron et Jean-Marc Urquidi.


Ouverture le jeudi 5 septembre 2024 dès 17h au lieu multiple montpellier
Ouverture le vendredi 6 septembre 2024 dès 17h à la N5 Galerie
Expositions du 5 septembre au 5 octobre 2024

Au lieu multiple montpellier, découvrons le travail de Chrystèle Gonçalves, Susanna Lehtinen et Jean-Marc Urquidi

D’habitude, Chrystèle Gonçalves peint, sur toile,des compositions entre abstraction et figuration, entre nature morte et paysage, fruits d’une mémoire émotionnelle et visuelle. Ici, c’est une série de dessins réalisés à la main gauche que l’artiste propose, prenant compte que sa main droite devait rester (pendant quelques jours) au repos. Nouveaux gestes, nouveaux tracés, réalisés sous contrainte jusqu’à l’« épuisement » du motif : le flétrissement d’un bouquet d’anniversaire… L’exercice finit par révéler là aussi le rapprochement entre la représentation d’une composition naturelle et d’un paysage intérieur, résultat d’un véritable lâcher-prise. Tel le tracé d’un sismographe émotionnel de l’artiste devant l’objet.

Susanna Lehtinen réalise pour sa part des dessins numériques, dans lesquels le sujet de départ « disparait » pour laisser place à une composition, d’un rendu quasi photographique, magnifiant la dualité matière-lumière de notre univers. Clin d’œil à l’imagerie produite par la physique quantique, ses séries Atopia et Poussières d’émotion tendent à simplifier radicalement l’expression plastique pour mieux évoquer la recherche d’un certain absolu, la sacralité face au réel, la force vitale, le feu interne des êtres. L’artiste convoque ainsi à la fois pensée philosophique, recherche scientifique et artistique pour rendre visible l’invisible (le fantomatique), dans une libération explosive de la vibration lumineuse.

Jean-Marc Urquidi peint et dessine des éléments simples, qu’il « déplace » pour les confronter à un ailleurs où le temps du regard est littéralement suspendu. S’obligeant de fait à une lente réalisation dans son atelier, l’artiste propose des séries sous le signe de la répétition. Avec Dreads (chevelures vues de dessus, visage caché) et Boîtes de laine (boîtes imaginaires tricottées), la technique de l’huile sur papier impose sa temporalité, quand la matière continue à se répandre dans le papier. Le résultat, oscillant entre grande précision et flou, nous amène alors au cœur de l’enjeu de l’image et des limites de la représentation.

Et à la N5 Galerie vous pourrez découvrir le travail de Dominique Lonchampt, Michèle Mascherpa et Pierre Touron en savoir plus

Salon du dessin contemporain DRAWING DRAW #8
Chrystèle Gonçalves, Susanna Lehtinen, Dominique Lonchampt, Michèle Mascherpa, Pierre Touron
et Jean-Marc Urquidi
– Au lieu multiple montpellier :
Vernissage le jeudi 5 septembre dès 17h en présence des artistes
Exposition du 6 septembre au 5 octobre 2024 les vendredis et samedis de 15h à 18h30 et sur RV
– À la N5 Galerie :
Vernissage le vendredi 6 septembre dès 17h en présence des artistes
Exposition du 7 septembre au 5 octobre 2024 du mercredi au samedi, de 10h à 13h et de 14h à 18h30

Partenaire du salon, la Maison pour tous Frédéric Chopin proposera en ses murs une exposition d’œuvres de chacun des six artistes, ainsi qu’un workshop participatif avec l’artiste invitée Thilleli Rahmoun le 27 septembre

Expo-pop up sortie de résidence : « Côté fenêtre » – 7-8 juin 2024 : Nathalie Trovato

La résidence de Nathalie Trovato au lieu multiple montpellier a été pour elle l’occasion d’expérimenter une relation poétique entre l’espace et les objets, poursuivant ainsi un dialogue amorcé, en juin 2023, à l’Espace Saint Ravy à Montpellier. 

L’installation-scénographie Côté fenêtre propose une narration visuelle en papier découpé travaillant l’ombre, la lumière et le mouvement.

Cette résidence a été l’occasion pour Nathalie Trovato de collaborer avec Émilie Buestel, danseuse et chorégraphe (Compagnie Sauf le Dimanche) et Antoine Barland, photographe, dont les clichés constitueront la base à un futur projet d’édition.

Exposition pop-up de sortie de résidence, en présence de l’artiste
vendredi 7 juin 2024 , dès 18h (avec performance d’Émilie Buestel à 19h30)
samedi 8 juin 2024 de 14h à 19h (avec performance d’Émilie Buestel à 17h30)

voir la vidéo de la performance (extrait)

Côté fenêtre fera également l’objet de plusieurs présentations, début juin, auprès des élèves des écoles Condorcet et Jean de la Fontaine à Montpellier, grâce à la complicité d’Émilie Buestel et de la conteuse Myriam Gelsomino.
L’installation présentée au lieu multiple montpellier pourra par la suite s’adapter à d’autres lieux, d’autres contextes …