Expo « Tenir à coeur » – 24 novembre-10 décembre 2016 : Anabelle Fouache, Sylvia Hansmann, Lucie Techer

Par delà les épanchements médiatiques de nos temps modernes, le lieu multiple montpellier invite, avec cette exposition, à un retour aux fondamentaux. A l’organique et au psychique. Parce que cela nous tient à coeur. Parce que cela nous tient au corps.
Trois artistes, trois propositions plastiques mêlées pour nous rappeler que nous sommes faits de chair… et d’esprit.
Anabelle Fouache travaille à partir d’images faisant écho aux images mentales, hallucinées, inconscientes. Fascinée par le cinéma de David Cronenberg et son incarnation de la pensée en particulier, elle questionne le beau à travers des objets en lien avec l’intime. Ici, les matériaux organiques (latex, dents…) retravaillés entrent dans la composition de dispositifs artistiques ambivalents, en résonance symbolique et poétique avec des dessins anatomiques aiguisés.
Sylvia Hansmann poursuit lentement son dessin du chemin de la vie avec ses « petites coutures » sur filet XXL, semblant traduire les émotions qui refusent le rythme régulier du tracé d’un ECG. Ce travail de patience et de méditation, fil d’Ariane d’un voyage introspectif, est amené dans un va-et-vient avec des oeuvres photographiques qui participent de l’installation.
Lucie Techer axe ses études de beaux-arts dans la pratique expérentielle de la céramique et du dessin, autour du corps et de sa perception. Avec ses séries de coeurs de porcelaine ou de planches anatomiques qu’elle semble offrir en nombre, elle nous propose ici une interprétation originale du reliquaire…

Exposition du 24 novembre au 10 décembre 2016
du mercredi au samedi de 15h30 à 19h
. Vernissage jeudi 24 novembre à 18h
. Finissage samedi 10 décembre dès 15h30, avec performance de Pascale Ciapp à 17h
Puis sur RV jusqu’au 17 décembre 2016

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voir la vidéo de la performance de Pascale Ciapp

Expo « L’aiguillon de l’inquiétude » – 14 septembre-1er octobre 2016 : Dominique Lonchampt

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De l’oeuvre emblématique de Dürer Melencolia, Dominique Lonchampt a prélevé ce volume intriguant, qui « aiguillonne » nos réflexions, nous renvoie à nos prétentions infinies, à l’expérimentation scientifique et aux spéculations mathématiques.
Ce polyèdre, froid, complexe et silencieux, est un résultat mental issu des recherches du graveur, également mathématicien. Il est confronté, dans cette exposition au lieu multiple montpellier, à la forme alvéolaire hexagonale produite par l’abeille, forme parfaite et efficace produite dans, par, et pour la nature.
L’espace est ainsi investi par les rencontres ludiques et questionnantes de ces volumes géométriques, « multipliées » par des miroirs qui piègent regards et présences.
Notre propre image s’ajoute aux dessins qui font référence aux mythes fondateurs de la condition humaine.
Nouveaux venus dans une nature fécondée par l’abeille depuis 110 à 140 millions d’années, il est pour nous ici question de prendre la mesure de nos responsabilités.
La proposition de l’artiste s’inscrit une fois de plus dans la permanence de son rapport au peu, au modeste, à l’inclassable, au multiple… qu’une forme de pensée analogique permet de rassembler pour questionner. Peut-être autour de la quête de la quadrature du cercle ?

L’installation de Dominique Lonchampt est accompagnée d’un environnement sonore proposé par Sébastien Ledentu, apiculteur (Urbee La miellerie urbaine)
Le dimanche 18 septembre, signature des livres d’artiste de Dominique Lonchampt réalisés pour les poèmes « Solitude d’Ulysse » de René Pons et « Valises ventilées » de Christian Skimao, en leur présence.

Exposition du 14 septembre au 1er octobre 2016
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
. Vernissage jeudi 15 septembre à 18h
avec buzz sonore proposé par Sébastien Ledentu
. Ouverture exceptionnelle dimanche 18 septembre
avec signature des livres d’artiste réalisés pour les poèmes «Solitude d’Ulysse» de René Pons et «Valises ventilées» de Christian Skimao
. Finissage samedi 1er octobre dès 15h30
Puis sur RV jusqu’au 15 octobre 2016

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Expo « Tempus fugit » – 2-18 juin 2016 : Helga Stüber-Nicolas

Après avoir pratiqué la peinture, la photographie et le dessin, Helga Stüber-Nicolas a développé depuis des années un travail autour d’un médium exclusif, le crayon de couleur.
Le détournant de sa fonction de base – tirer un trait, dessiner – elle expérimente ses possibilités à travers sa matérialité et non plus sa fonction. La mine est séparée de son bois par le taille-crayon puis l’artiste explore les potentialités de ces deux matériaux que rien ne prédestinait à la fragilité, à la légèreté, à l’abstraction : c’est dans la destruction du crayon que la création se fait.
La notion du temps est essentielle pour Helga Stüber-Nicolas, la minutie de son travail ‘slow art’ est à contre courant du temps social, du zapping. Aujourd’hui, au-delà de ce processus de création lente, l’artiste reprend son expérience de photographe pour introduire cette technique dans son nouveau travail, présenté au lieu multiple montpellier.
Dans cette exposition, la photographie représente la rapidité du processus créatif, l’immédiateté du « clic ». Elle y est confrontée à la lenteur du travail du geste, de la matière, du temps, avec des procédés parfois complexes : photographies noir et blanc rehaussées d’encres de couleur, photographies en prise à des réactions photochimiques, diptyques photos-toiles ou photos-sculptures…
Toutes ces propositions à partir d’approches du temps qui passe entrainent l’imaginaire sur la fragilité de la matière, de l’existence, des traces que nous laissons.

Exposition du 2 au 18 juin 2016
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
. Vernissage le jeudi 2 juin à 18h
. Atelier d’écriture
avec Daniel Rémy le jeudi 9 juin à 17h (sur inscription au 04 66 51 77 10 – places limitées)
. Finissage le samedi 18 juin dès 15h30
Puis sur RV jusqu’au 9 juillet

voir la vidéo du set musical « Minéral » de Dubovnik (4 juin)

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Expo « Sculptures anonymes » – 31 mars-16 avril 2016 : Swen Renault (invité : Yannick Délen)

En 2013, Swen Renault se faisait remarquer* avec « Killing Becher », clin d’oeil malicieux au long travail du célèbre couple de photographes : même recherche formelle – sur Internet – de châteaux d’eau (mais en cours de destruction), même format, même encadrement, même mise en exposition…
Avec sa série « Sculptures anonymes », qui reprend le même titre que celui du premier livre des Becher, Swen Renault propose aujourd’hui le résultat d’une pratique protocolaire et régulière de la photographie, où le regard se pose sur des formes et choses du quotidien auquel on ne prête plus attention. Nombres d’entre elles en effet sont vouées à disparaitre en silence alors même qu’elles régissent inconsciemment nos façons de vivre une ville, un lieu, une époque.
Ces sculptures sont issus de la production industrielle de masse. Elles sont éphémères, trouvées au gré de marches, banales mais remplies d’attributs formels particuliers ou bien absurdes, drôles ou déconcertantes.
Elles sont anonymes car produites, placées, construites/détruites par un inconnu dont la portée du geste était dénuée d’attributs artistiques, dont l’intérêt premier n’était pas celle d’une création.
Pour son exposition au lieu multiple montpellier, Swen Renault invite Yannik Délen, camarade de promotion de l’Ecole nationale supérieure de la photographie. Ce dernier présente « Souhaits », un regard sculptural sur des mouchoirs pliés, banals objets du quotidien proposés comme sujets de contemplation…

*Prix Réponse Photo Boutographies 2014 et 1er Prix OFF festival 2015

Exposition du 31 mars au 16 avril 2016
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
Vernissage le jeudi 31 mars à 18h
Lelieumultiplemontpellier_Alexandre_Bena_16avril2016_1Finissage le samedi 16 avril dès 15h30
+ rencontre avec Alexandre Bena
autour de son travail photographique
« ça sent le sapin »
(puis sur RV jusqu’au 7 mai 2016)

 

 

Swen Renault et Yannick Délen seront également exposés au n°5 galerie à Montpellier (5 rue Ste Anne) du 4 mars au 28 mai 2016

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Expo « The size of the distant » – 20 janvier-6 février 2016 : Patrice Barthès

Le parcours chorégraphique de Patrice Barthès alterne des créations pour la scène conventionnelle, l’espace théâtral, et des projets in situ révélant une forte dimension plastique. Le lieu multiple montpellier propose, en collaboration avec la galerie AL/MA, un accrochage de son récent travail plastique sur le rapport du proche au lointain, The size of the distant.
« L’espace qui distant et éloigne deux points, deux endroits, deux lieux, est aussi le trajet, le parcours qui les lie et qui, donc, les rapproche.
Au moyen d’un odomètre je prends la mesure du parcours entre deux lieux du territoire. Une caméra fixée sur l’odomètre filme chacun des parcours dont le départ est fixé à l’heure du lever du soleil.
La distance parcourue est ensuite matérialisée par une bande de papier.
La distance fait titre.
J’enroule manuellement le papier au moyen d’une machine inventée pour l’occasion.
Il en résulte une pièce qui matérialise la distance entre deux lieux.
Je marche. Je fais le parcours. Je déploie le lien, je l’emploie en l’enroulant et je le fixe en un volume.
Je passe du vécu de la marche à l’œuvre de papier.
Je pourrais tracer ce vécu sur une carte ou en faire le récit. Mais je serais contraint de modifier l’échelle, contraint de figurer le parcours et le temps du parcours en entretenant l’illusion d’une possible représentation. Or les pièces que je produis ne cherchent pas à représenter. Elles sont des volumes générés par une longueur de matière qui correspond précisément à un parcours.
Une vidéo témoigne du parcours a priori de chaque œuvre. »
Patrice Barthès

Exposition du 20 janvier au 6 février 2016
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
. Vernissage le jeudi 21 janvier à 18h avec évènement
. Performance sonore de Didier Aschour le jeudi 28 janvier à 18h30
.
Finissage le samedi 6 février, avec performance déambulatoire, à partir de 17h

voir la vidéo de l’évènement de Patrice Barthès lors du vernissage (réalisation d’une pièce)

voir la vidéo de la performance sonore de Didier Aschour

voir le diaporama de la performance déambulatoire lors du finissage

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Expo « lutter contre la fatigue du monde » – 2-19 décembre 2015 : Gilles Bingisser, Eve Maillot, Dominique Nicolas

A l’approche de Noël et de ses agapes consuméristes, le lieu multiple montpellier reprend pour sienne la phrase de Cioran (« lutter contre la fatique du monde ») et propose la rencontre de trois univers pour le moins singuliers, quelque part sans doute entre le désir et le manque : archives kafkaïennes que l’on tente d’arranger, inlassables traits qui emmènent à la méditation et obsession du collage minutieux et du travail bien fait…

Le cinéaste Eisenstein parlait du montage des attractions. Les agencements présentés par Gilles Bingisser fonctionnent comme une table de montage (les travaux sont parfois proposés sur une table d’archive), qui devient par proposition une table de montrage. Se promener parmi les fragments, c’est en quelque sorte accepter l’année zéro, être parmi les décombres et chercher une forme de reconstitution (au sens judiciaire)…

Eve Maillot pour sa part extrait les silhouettes, les trace sur la surface de la feuille, donnant une nouvelle réalité à ces contours d’image : des « peaux d’images ». Répétition du geste, jusqu’au silence, jusqu’à faire taire le monde, jusqu’à se retrouver vidée elle-même. Maintenant les remplir. Par une action lente et minutieuse, les remplir du fil d’Ariane. Les remplir de nœuds. Sac à nœuds. Pour que le regardeur, avec son imaginaire, sa vision du monde, sa propre richesse, recrée l’image.
Les dessins sur papier calque (série « années folles ») ou sur papier carbone rétroéclairé (série « Kaïros ») jouent avec la lumière, sont la lumière. Comment saisir l’insaisissable ? Chez les Grecs, le dieu Kaïros est un petit dieu ailé de l’opportunité, qu’il faut saisir quand il passe…

Par l’action des ciseaux, Dominique Nicolas coupe images et textes de leur réalité. Privés de leur sens iconographique et linguistique initial, ils deviennent libres, déracinés, disponibles pour l’artiste. Les contenus sans rapport entre eux se rencontrent par le collage. Moins la relation entre image et texte est évidente, plus le champ de l’imaginaire conscient ou
inconscient du lecteur est sollicité : alors il lutte. C’est sous la forme de petits formats réunissant une image simple, voire
très peu composée et un micro texte de quelques mots issu lui aussi du découpage que Dominique Nicolas nous apporte ici une nouvelle façon de redonner du souffle.

Exposition du 2 au 19 décembre 2015
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
Vernissage le jeudi 3 décembre à 18h
Finissage le samedi 19 décembre dès 15h30 + performance (lecture musicale de Gilles Bingisser et Pierre Ayral) à 16 h

voir la vidéo de la performance de Gilles Bingisser, accompagné de Pierre Ayral et Bernard Vidal (lecture musicale « On arrive jamais en Arizona ») – 19 décembre 2015

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Expo « Mû » – 7-24 octobre 2015 : Geoffrey Badel, Anabelle Fouache, Eva Mulleras, Chloé Viton

lelieumultiplemontpellier_expo_Mu_7-24oct2015Mû : Participe passé du verbe mouvoir, Féminin : Mue.

Mû comme forme mouvante, apparaissant disparaissant en mémoire du regard, mû comme une émotion qui nous traverse soudain, mû comme sensation fragile et fugitive.
Mû comme un grain sous la peau, indice.
Mû : corpus, gestes mis à nu.
Mû comme une voix qui résonne, (se) murmure, mue secrètement signée en silence.

Une exposition comme un milieu changeant, en mutation, qui inspire, expire. Un lieu qui rêve, qui s’emplit et s’épuise d’images, de pages d’intranquillité.

Rien d’immuable, le spectateur est invité à saisir de multiples moments, des pièces en dilution, en suspension dans un temps qui s’égrène …

Déployer le geste, Dessiner, tracer, faire empreinte, faire corps. Accoucher du trait, en démêler sa ligne. Tirer, tendre. S’enfoncer dans la page, déchirer, plier, arracher. Détourer des corps, les effacer. Happer dans les profondeurs qui froissent. S’extirper de soi ; ex pressions en clair obscur.
Signes percés dans l’air, volutes du mouvement d’une baguette, danses des corps comme fluides. Dessiner : îles d’êtres.

Autour du salon du dessin contemporain de Montpellier drawing room, le lieu multiple montpellier propose une exposition protéiforme pensée par quatre jeunes artistes invités, Geoffrey Badel, Anabelle Fouache, Eva Mulleras et Chloé Viton, réaliseront un accrochage évolutif au fil du temps…

Exposition du 7 au 24 octobre 2015
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
ouverture exceptionnelle dimanche 11 octobre
Vernissage le jeudi 8 octobre à 18h (avec performance)
Finissage le samedi 24 octobre à 16h (avec performance)

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Expo « Collages (2e vie) » – 2-19 septembre 2015 : Alejandro Berconsky

Alejandro Berconsky explore les problématiques de la sérialité, de l’ornemental et du détournement de l’objet, naviguant ainsi entre beauté et agressivité, entre sensualité et dureté de la matière, entre dimension organique et géométrique de la forme (sculpturale).

De 2000 à 2007, il a développé un intense travail de collage autour de la dé-construction du corps. Cherchant sa matière dans l’iconographie pornographique, il recrée à partir de « morceaux choisis » une poétique ornementale faite de chairs coupées-collées dans une esthétique érotique plurielle.

Le lieu multiple montpellier  vous propose aujourd’hui une « deuxième vie » à ces collages, avec un accrochage des séries « les fleurs de joie », « échantillons » et « visages ».
L’occasion de conjurer un certain retour d’ordre moral et de jouir simplement de la palette génito-chromatique qui s’offre à nous, polymorphe, vibratoire, sublimée.
L’image démembrée, dé-contextualisée et répétée, reste paradoxalement chargée de sens malgré l’abstraction du désir…

Exposition du 2 au 19 septembre 2015
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
Vernissage le jeudi 3 septembre à 18h
Finissage le samedi 19 septembre à 16h

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Expo « La collection d’un amateur d’art éclairé marseillais » – 3-20 juin 2015

Deuxième volet de la théma Collection, le lieu multiple montpellier propose l’accrochage de la collection intime de Jean-Louis Marcos.
Jean Louis Marcos (1947-2012) est né à Aubin (Aveyron). De mère andalouse et de père républicain espagnol, architecte et peintre amateur, il a grandi dans une ambiance familiale créatrice, entouré de tableaux de Picasso, Goya, Velasquez, etc. Amoureux de livres et d’art il a exercé différentes activités de dessinateur, professeur, libraire, architecte, journaliste, écrivain et a progressivement affirmé sa raison de vivre comme critique et collectionneur d’art.
 Utopiste et exigeant, solitaire et convivial, il refusait toute contrainte matérielle ainsi que les situations confortables, cherchant en permanence des idées, des émotions et des visions nouvelles. 
Méditerranéen de cœur et Marseillais d’adoption, il a eu de nombreux amis écrivains, vidéastes, peintres, intellectuels…
Quelques jours avant de mourir, il avait commencé à envelopper ses œuvres, en donnant quelques explications sur leurs vies. Sa collection reflète sa vie.

Il y a tant de raisons, de motifs et de circonstances à collectionner l’art que je peux seulement essayer d’établir une sorte de liste. Forcément réductrice, fragmentaire, inachevée.
Je collectionne l’art parce que j’aime me réveiller, me gratter les orteils, remplir une feuille de sécurité sociale, manger du poisson, lire Montaigne, téléphoner en Angleterre et me brosser les dents face à lui. Comme toutes ces choses posent souvent des problèmes dans les musées et dans les galeries, le plus commode est d’avoir de l’art chez soi.
Je collectionne l’art pour le plaisir du pari d’avoir raison avant les autres.
Je collectionne l’art parce que je suis amoureux de ces belles florentines qui n’existent plus que dans la peinture.
Je collectionne l’art pour troubler les béotiens qui viennent quelquefois dîner chez moi.
Je collectionne l’art parce que j’aime l’art.
Je collectionne l’art parce qu’il est une des plus fortes présentation du rêve. Un des lieux rares où apparaissent les images des 10 000 magies et de leur infini pouvoir souple.
Je collectionne l’art pour rêver que je serai riche dans quarante ans.
Je collectionne l’art parce que je suis ami avec des artistes.
Je collectionne l’art pour avoir mon nom écrit en petits caractères dans un catalogue de vente du XXII ème siècle.
Je collectionne l’art parce que la vie est meilleure avec lui.
Je collectionne l’art parce qu’il est souvent difficile à regarder vraiment, les yeux ouverts.
Je collectionne l’art parce que les animaux n’en font pas.
Je collectionne l’art parce qu’en 1974 j’ai rencontré un contrebandier près de la frontière qui sépare la Guinée de la Côte d’Ivoire.
Je collectionne l’art parce qu’il dure souvent plus que la vie.
Je collectionne l’art pour distraire l’employé qui vient relever le compteur d’électricité.
Je collectionne l’art parce qu’il est capable, quelquefois, de se battre contre mon malheur.
Je collectionne l’art parce qu’il est capable, souvent, d’être l’allié de mon bonheur.
Je collectionne l’art parce que j’aime bien être le premier à acheter quelque chose à un jeune artiste.
Je collectionne l’art parce qu’en 1961 j’ai vu mon père avoir les larmes aux yeux devant une toile de Picasso.
Je collectionne l’art parce qu’il est capable de jouer avec le temps.
Je collectionne l’art parce que c’est une drogue dure dont il est difficile de se désintoxiquer.
Je collectionne l’art parce qu’il me supporte sans rechigner.
Je collectionne l’art parce qu’il est infini.
Jean-Louis Marcos  (1990 )

Avec des oeuvres de : Jean-Baptiste Audat, Marc Aurelle, Georges Autard, Judith Bartolani, Ben, Jean Capdeville, Clémentine Carsberg, Jean-Jacques Ceccarelli, Pierre Chanoine, Minerva Cuevas, Mahmoud Dayoub, Jean-Louis Delbès, Georges Guye, Bruno Haroutiounian, Kamel Khelif, Jérémy Laffon, Lulu Larsen, Marie Marchand, Laurence Michoulier, Mouhamad Omran, Anne-Marie Pécheur, Groupe Radical, Olivier Rebufa, Sylvie Reno, Max Sauze, Nathalie Sauze, Christine Spengler, Jean-Jacques Surian, Philippe Turc, Claude Viallat, Ye Xin, …

Exposition du 3 au 20 juin 2015
du mercredi au samedi, de 15h30 à 19h
Vernissage le jeudi 4 juin à partir de 18h, avec performance de Véronique Brill « les cendres de l’éternité »
Soirée spéciale projection du film de Jean-Louis Marcos « l’art ? l’artiste ? le vernissage ? 50 artistes répondent » le vendredi 19 juin à 19 heures
Finissage le samedi 20 juin à partir de 16h

lire l’article de Montpellier magazine

lien vidéo de la performance de Véronique Brill

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Expo Boutographies – 4-25 avril 2015 : Carruzzo&Lenthéric / Alexandre Bena / Stéfane Despax

(Dans le cadre de la section « Hors les murs » des Rencontres photos « Les boutographies »)

« Inbetween is always better_»

«(…) L’humain est au delà des genres, au delà des sexes, des races, au delà de l’ego, vivant en métamorphose.
C’est dans cette fluidité, dans cette faculté de métamorphose qu’est, ou plutôt que marche, que glisse, que court, que se meut, se transforme l’humanité. Nous naissons mouvants, ne nous fixons à aucune illusion égotique, à aucun «je» économique. À aucun sexe. A aucun genre.(…) »
Isabelle Sorente, in Je suis une créature

En 2011, Sébastien Lenthéric et Axelle Carruzzo découvrent le travail de la photographe et écrivaine Claude Cahun (1894-1954) et démarrent ensemble le projet “Cas_1” qui entremêle théâtre, vidéo, concert et performance autour de la figure de l’Hermaphrodite. Depuis, ils partagent cette interrogation sur le Genre au-delà du sexuel, un questionnement rituel politique et mythologique sur l’identité intime et la multiplicité d’être au monde.
Fille ou garçon ? La réponse n’est parfois pas si évidente. Quand parents, médecins et psychologues doivent composer avec l’intersexualité…
Si l’on en croit les statistiques, tout nouveau-né est soit un garçon, soit une fille.
Et pourtant, ce n’est pas toujours aussi simple à déterminer. Le sexe biologique d’un être humain s’exprime en effet à plusieurs niveaux et chez les intersexué(e)s, l’apparence physique ne va pas forcément dans le même sens que les chromosomes.
Comme le note Tom Reucher psychologue clinicien « il peut exister dans la génétique des cas d’embryons chimériques ». Même si ces cas sont rares, ils existent dans la vie. Les individus qui en résultent comportent deux formules génétiques différentes dans diverses parties de leur corps. Ils ne sont pas spécialement reconnaissables ».
Ni d’un genre ni de l’autre : La chimère, figure récurrente dans notre travail, appartient au territoire de l’entre deux et, à l’égal de l’hermaphrodite, elle fait écho à une mythologie commune. Déplacer le débat du genre sur un terrain poétique et artistique, c’est sortir de la pensée binaire et dire que ces questions peuvent faire écho à tout un chacun.
L’exposition « Inbetween is always better_» est pensée comme un kaléidoscope qui confronte, met en regard, joue des identités multiples que composent les visions subjectives de plusieurs artistes.
À cette occasion, _carruzzo&lenthéric invitent Alexandre Bena et Stéfane Despax à partager ce jeu, qui nous rappellent que l’identité est aussi une question d’imaginaire.

Exposition du 4 au 18 avril 2015 : du mercredi au dimanche, de 15h30 à 19h
Vernissage le jeudi 9 avril à 18h
jusqu’au 22 mai : sur RV uniquement

lire l’article de Montpellier Magazine

lire l’article de Contemporanéités de l’art

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